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Gonvers 3 (1133 Lussy-sur-Morges) Déplacement du champ solaire thermique



Un exemple d'autonomie d'autoconstructeur et d'anti-obsolescence sebasolienne. 13 ans après avoir fait son installation solaire thermique pour l'ECS, Daniel Gonvers avait besoin de la déplacer pour mettre du photovoltaïque sur son toit. Ce qu'il a fait sans rien demander à personne, et pour un coût (réduit à quelque vis torx, vraisemblablement). Si M. Gonvers avait demandé cela à un installateur du marché, les chances auraient été énormes qu'il se heurte de plein fouet à la LFVT (Loi du Faut Tour Virer). On lui aurait dit que tout ça est vieux et obsolet (du bricolage Sebasol en bois, à l'heure des I-doudou au Coltan et des batteries au Lithium d'exploitation des pays du Sud, pensez donc !). Et qu'on a tellement beaucoup mieux à présent grâce au Progrès. Alors autant tout remplacer (pas rien que les capteurs et la ferblanterie, aussi le chauffe-eau à la cave, etc.). Tout au plus aurait-on conservé les lignes solaires du toit à la cave (car les remplacer demande plus de travail vs le coût qu'elles coûtent et donc diminue le rapport marge/travail, là on veut bien que le particulier travaille pour optimiser la marge bénéficiaire capitaliste, c'est même mieux que d'appeler un jetable d'intérim et il n'y a aucune responsabilité à assumer si le jetable fait faux et qu'on a pas eu le temps de faire faillite et renaitre sous un autre nom dans l'intervalle :-). Et tout cela aurait coûté 10'000 boules ou plus. Et on vous passe le reste il faut faire bref.

En lieu et place cela a couté à peu près rien et selon M. Gonvers 'Lors du déplacement des panneaux, j’ai contrôlé les lambourdes qui se sont révélés complétement saines. Juste le fond qui avait tendance à se déclouer dans les coins.'

Et c'est reparti pour 15 voire 30 voire 100 ans. Ceci sans avoir besoin de smarter en grid voire de passer par l'hyperespace. Apocalyptique perspective.


Galerie

L'installation sur le toit avant son déplacement
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L'installation après son déplacement.
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Pan est du bâtiment après pose du photovoltaïque (PV)
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Pan sud et ouest du bâtiment après pose du PV.

On remarque que celui-ci n'est pas intégré, ce que à Sebasol nous recouvrons par l'expression 'pas au même cahier des charges'. C'est donc moins joli, mais apparemment les monuments historiques (que certains appellent 'hystériques') n'ont rien trouvé à y redire. Cette phrase n'est pas pour dénigrer, des gens posent aussi du thermique en vomi-sur-tuile on veut dire 'en apposé', mais pour faire acte de recul historique.

Il apparait que dans le capitalisme, les choses peuvent se prévaloir d'autant plus d'indulgence qu'elles coûtent et offrent (à défaut de réaliser) des perspectives de profit (du moins pour quelques uns à défaut de pour tous).

Ainsi certains milieux se prévalent d'une indulgence certaine pour le nucléaire, parce qu'il coûte la peau du cul (même si c'est l'impôt qui le paie). Et ainsi 'c'est bien la preuve' que c'est efficace et super (on le voit bien à travers l'histoire, avec les accidents, et la déconfiture d'Areva, et le fait que si on peut pas faire payer le peuple personne ne va mettre un franc là-dedans). Si c'était nul mais que ca coûtait peu, ça aurait tous les défauts du monde et plein de personnes ne se priveraient pas de le dire (taper sur du petit, c'est tout aussi jouissif et bien moins risqué).

Ainsi ergo au commencement du solaire, les capteurs (PV et thermiques) allaient envoyer de mauvaises ondes aux habitants sous eux, faire tomber les avions, perturber les oiseaux, et ils étaient positivement horribles à voir. Au contraire des antennes TV, des paraboles, les grands vitrages pour les lofts etc. On avait du en faire des gesticulées à l'époque : concevoir des verres stratifiés qui dispersent le reflet et ainsi évitent de faire tomber les avions (au contraire de celui des lofts, sans dangers à cet égard), intégrer les capteurs en toiture pour avoir la moindre chance de passer la mise à l'enquête etc.

On voit qu'à présent, on est devenu plus déboutonné à défaut de libéré, du moins pour le photovoltaïque qu'on voit ici. La question est de se demander alors pourquoi. A notre avis la réponse est simple et de l'ordre non pas technique, ni même surtout pas morale, et encore moins éthique, mais de la conformité sociale : il est difficile de critiquer ce que tout le monde rêve d'avoir ou de faire. Ainsi par exemple, tout le monde - ou presque - rêve d'avoir un loft. Le loft fait partie des 'things to have' dans l'ordre de la société de l'ostentatoire qui permet à nos cerveaux de singes de se croire meilleurs ou mieux arrivés. Donc on ne critique pas le loft du voisin car ce serait se mettre en danger de voir critiquer le sien le jour où on en voudrait un aussi. Idem pour les 1000 chaines TV associées à l'écran plat géant qui rendra jaloux le voisin quand on va l'inviter à voir l'Eurofoot, et qui ont longtemps nécessité la parabole. Idem pour la grosse bagnole du même voisin. Et ad aeternam ad nauseam. Mais les quelques m2 de thermique du voisin c'est différent car 1) on en a rien à foutre on en a pas envoie soi-même et 2) ça le rend plus autonome donc ça lui fait gagner quelque chose mais sans augmenter ses propres perspectives de gain à soi, surtout sans rien foutre. Donc cela en fait un vilain, un galeux, et on s'y oppose au nom d'arguments divers et variés, dont l'esthétique.

Attention. Ce genre de phénomène d'acceptation ou de rejet social est lié aux perspectives de faire du profit soi-même et sans rien faire. Que ce soit parce qu'on veut rien faire, ou parce qu'on peut pas participer. Prenez par exemple les éoliennes. On peut être contre parce qu'on trouve rationnellement que les 10% qu'elles vont faire gagner sont peanuts comparé à ce qu'on pourrait gagner en économisant, et on peut être prêt à économiser ces 10% pour le montrer (ce qui est incroyablement facile aux niveaux de gaspillage actuels), et que donc la perte de qualité en terme de paysage, aussi questionable en termes esthétique qu'elle soit, est insupportable. Cet argumentaire est rationnel, car il procède du principe de précaution : pourquoi faire compliqué avec une éolienne si on peut faire simple en économisant et en préservant le paysage ou de ressources en plus. C'est un argument classique de quiconque promeut une société sobre et conviviale. Le problème est que la situation n'est pas comme cela. La situation est plutôt NYMBY (not in my backyard). On s'opposer parce que 1) soi-même on y gagne rien (ce sont de gros vilains intérêts soit étrangers, soit de barons locaux, qui s'investissent là-dedans) et 2) on veut pas faire les efforts nécessaires pour mettre la gu... des mêmes dans le caca en montrant que leur projet sert à rien, qu'on peut faire bien mieux avec bien moins. On a donc des opposants, mais pas les mêmes. Il y a une 'différence de qualité' pourrait-on dire. Il y a fort à parier que ces mêmes opposants s'opposeraient à ce que leur voisin mettre des capteurs thermiques dans le jardin parce que 'ça fait pas joli'. Mais il y a aussi fort à parier que ces opposants vireraient leur cuti si on leur donnait la possibilité de devenir millionnaires en plantant une éolienne dans leur jardin. Dans le capitalisme, on a les 'rebelles' et le 'courage' qu'on mérite. Et d'ailleurs, ceux qui s'opposent vraiment au nom d'autres valeurs, soit qui s'opposent en s'opposant aux valeurs du capitalisme (ce qui n'a donc rien à voir avec l'UDC par exemple), sont dits 'passéistes', 'réactionnaires', 'antisociaux', 'terroristes' et on vous passe les autres noms d'oiseaux.

De là on en arrive à la perception du photovoltaïque. A présent qu'on peut espérer obtenir une rente par simple investissement dans du PV, et comme ce rêve est partagé par la large partie de la population qui adhère à la mentalité de rentier associée avec, on est beaucoup moins regardant sur les conditions de réalisations de la chose. Le solaire thermique, qui permet beaucoup plus d'autonomie et d'économies, mais en épargnant de la ressource sur place et non via une hypothétique couverture des besoins ailleurs qui permet la vente, est moins impacté par ce phénomène d'acceptation sociale croissante.

Il en profite quand même un peu parce qu'il est difficile d'argumenter qu'on accepte un type de capteur et pas l'autre. Mais comme on a trouvé au début du solaire tout court toutes toutes sortes de 'raisons' pour ne pas l'accepter, on se met à trouver à présent toutes sortes de nouvelles - il faut qu'elles soient nouvelles vu qu'on invalide les anciennes - 'raisons' pour ne pas accepter le solaire thermique. Et ainsi donc tous les ennuis des autoconstructeurs qui veulent en faire dans certains cantons, comme par hasard d'avantage maqués avec les barons de l'électricité. Et ceci parce que le thermique ne donne pas autant de perpectives de faire du profit de rente capitaliste que le PV, y compris au niveau des cuisines communales.

Un écrivain peu fréquentable Français avait une fois dit 'si on découvrait produit qui donne l'immortalité, le Pape serait le premier à courir l'acheter'. Si les gens se persuadent que le thermique permet lui aussi d'obtenir un rente ou de faire vivre des intermédiaires qui n'ont pas à se salir les mains pour faire du profit avec, alors il va devenir instantanément autant le sauveur de l'humanité que certains esprits un peu trop enthousiastes le disent du photovoltaïque (ce qui ne veut pas dire que nous disons que le PV ne sert à rien, on en posait quand les mêmes cravatés nous traitaient d'idéalistes, alors les viennent-ensuite qui croient que le monde a commencé avec eux sont priés de se calmer merci).

Cela veut aussi dire qu'en déplaçant son champ lui-même, l'autocontructeur a subventionné le vendeur de PV du coût qu'aurait coûté ces travaux en clef-en-main, soit probablement le coût en LFVT décrit plus haut. C'est pas pour dire que le vendeur de PV est un méchant. C'est juste pour dire qu'il y a des coûts cachés partout et que le propre du capitalisme, au contraire de l'univers, est de tenir un comptabilité qui prend en compte son gain privé et fait tous les efforts possible pour reporter au dehors les charges qui peuvent y attenter.

Ceci ne veut pas dire non plus que Daniel Gonvers a pu mettre ces capteurs 'les doigts dans le nez'. C'était une réflexion générale pour les générations futures.

Lignes écrites le 26.05.2016 par la Nain dans les Tuyaux.
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